Les sculpteurs Jean-Claude Lambert et Solomon Rakotomanana se sont rencontrés le temps d’une visite amicale. Échanges d’idées et réflexions étaient au rendez-vous.

Arrivé avec sa famille en 1982 à Nantes, Jérémie Ravahimanana a noué des liens d’amitié forts avec une famille Teilléenne. Depuis, l’homme a décidé d’aider son pays d’origine, Madagascar.

En 2008, il devient consul honoraire de l’île pour le grand ouest. Ayant côtoyé dans son enfance le sculpteur Solomon Rakotomanana, le consul a réalisé, jeudi, son rêve. « J’ai profité de son passage en France pour l’ouverture d’une galerie à Paris, et sa participation au Grand Pavois de La Rochelle, pour le faire venir à Nantes ce grand sculpteur sur bois sinistré de la grande île. »

De son passage dans la région, une rencontre amicale a été organisée jeudi, à Teillé entre Solomon et Jean-Claude Lambert, un autre sculpteur international installé entre les communes de Teillé et Mouzeil.

Le Siko-bontolo, spécialité de Solomon

Fils et petit-fils de sculpteur, Solomon Rakotomanana hérite tout naturellement du talent de ses aînés. Il réalise sa première sculpture à dix ans. Depuis la création de Manan’Art, son atelier d’artiste spécialisé en création de sculptures figuratives, décoratives et abstraites, dans les années 1980, Solomon n’a cessé d’évoluer.

Il travaille à partir des arbres abattus par les cyclones. Ébène, palissandre, bois de rose, mais aussi bois blanc comme le fanazava et le hazotokana, ou encore le tsivakimbaratra.

Solomon Rakotomanana maîtrise à la perfection l’art de changer les bois en sculptures inédites. Sa spécialité? « Le siko-bontolo, une taille intentionnellement inachevée effectuée dans le tronc du bois. »

Le contraste est tout simplement saisissant entre la partie travaillée, lissée à la perfection, et le brut laissé en l’état qui la valorise.

Né à Teillé en 1953, Jean-Claude est de son côté un sculpteur d’œuvres monumentales sur bois, pierre et métaux. Il a participé à plus de quarante symposiums internationaux.

« Que va devenir notre planète ? »

Dans le village de la Petite-Fournerie, une galerie est ouverte au public à côté du parc de sculptures de l’artiste Teilléen. Ensemble, les trois hommes y ont déambulé. « Ces pierres ont 300 millions d’années, nous, nous sommes quoi ? Respectons notre planète, que va-t-elle devenir ? », lâche Jean-Claude Lambert pendant la visite.

Son parc, malgré beaucoup d’interrogations, se veut un espace ouvert au public. « J’ai désiré un esprit de paisibilité pour sensibiliser les visiteurs à l’observation et au développement de l’imaginaire. »

Avant de repartir, Jérémie Ravahimanana aura quelques bons mots pour l’artiste Teilléen : « C’était une riche rencontre, amicale et fraternelle, axée sur le partage et la solidarité. »

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